Ateliers pour publics fragiles - Les Gees Bee

Fabriquer la musique et ses instruments - Groupe les “Gees Bee”


Pour les personnes qui sont où se sentent en situation de handicap.

En partenariat avec le FOYER D'HÉBERGEMENT LA MAISONNERAIE à Coulaines (72) 

  • Mutualiser les compétences “déjà-là”

  • Faire avec les moyens du bord

  • Apprendre avec les choses et les personnes

  • La musique comme lieu de transformation créative

  • Valoriser la coopération intergénérationnelle et multiculturelle

Les personnes en situation de handicap et les familles qui les entourent ont souvent un rapport complexe à leurs différences, pouvant aussi bien être vécu comme une marque de leur spécificité et richesse que comme une forme de déviance stigmatisante. 

Le handicap, la différence, l’est toujours en considération d’une norme auquel on rapporte l’individu. Il y a alors plusieurs choix qui s’offrent pour dépasser cette difficulté, soit en essayant de cacher sa “différence”, soit en tentant de s’aligner tant bien que mal sur la norme de la “validité”.

Mais il y a une autre possibilité qui nous intéresse plus particulièrement ici, et qui consiste  à travailler cette norme justement, à en faire un élément vivant et dynamique, partant alors du principe que notre identité n’est pas fixée pour toujours, mais le fruit de nos interactions avec les êtres et les choses qui nous entourent. L’environnement sensible dans lequel nous évoluons est de ces choses qui nous fabriquent tout autant que nous les fabriquons. C’est pour cette raison que l’activité artistique nous semble un lieu propice pour tordre le cou à ces normes qui déterminent/jugent de nos capacités, incapacités, tout comme de notre identité sociale.

Une alternative à vivre “avec” ou “malgré” sa différence ?

La musique a-t-elle cette capacité d’ouvrir des possibles où chacun pourrait trouver sa place ? Mais à quelles conditions peut-elle être le lieu de cette émancipation ? Si nous considérons la musique comme un objet déjà là, avec ses répertoires identifiés, un goût pour des musiques et pas d’autres, que l’on ne pourrait faire évoluer, alors il ne nous reste que la tâche ingrate de rendre accessible à l'autre ce qui lui est justement inaccessible. L’enjeu serait alors de montrer que “malgré” leur handicap, même imparfaitement, ils peuvent faire comme tout le monde.  

 

Ne serait-il pas possible de prendre le problème dans l’autre sens, c’est-à-dire d’être avant tout attentif à “leurs” dispositions et ensuite d’essayer de créer une musique qu’il pourrait s’approprier sans difficulté ? Il ne s’agit donc pas de faire de la musique “hors normes”, mais de fabriquer une musique qui "se joue des normes", sans pour autant chercher à s’en affranchir. Il s’agit de les travailler ces normes, de les façonner, de trouver tous ensemble la musique qui va pouvoir nous permettre de constituer un espace sensible commun respectant et valorisant nos multiples différences sans chercher à les hiérarchiser.

 

C’est un travail qui nous implique tous à différents niveaux, que l’on soit spectateur, parent, amateur de musique, musicien, compositeur. Mais il demande aussi un effort de “déplacement” de ce que nous connaissons tous, de notre propre représentation de ce que c’est de jouer ou d’écouter de la musique. On voit alors comment l’émancipation est un ouvrage collectif, qui nous engage tous, non pas à faire tabula rasa de ce que nous connaissons déjà, mais en en faisant une ressource "vivante" pour nous inventer un devenir commun.

Le reste, la musique et ses instruments sont à inventer ensemble !